L’écrivain Georges Perec écrivait dans son œuvre « Espèces d’espaces » :

« Quitter un appartement. Vider les lieux. Décamper. Faire place nette.
Débarrasser le plancher.
Inventorier ranger classer trier.
Eliminer jeter fourguer.
Casser
Brûler
Descendre détacher couper tirer démonter plier couper
Rouler
Empaqueter emballer sangler nouer empiler rassembler entasser ficeler envelopper protéger recouvrir entourer serrer.
Enlever porter soulever
Balayer.
Fermer.
Partir. »

Le déménagement c’est ce moment charnière pour ceux qui quittent et laissent derrière eux une multitudes de souvenirs. Un moment délicat et sensible lorsque j’arrive en tant qu’architecte d’intérieur et que j’interviens pour le compte des clients devant les « futurs ex propriétaires ».

Je me souviens encore cette femme d’un âge certain ouvrant la porte pour nous accueillir avec les acheteurs, mes clients. En même temps que nous visitions, je visualisais les modifications à apporter et tentais de les expliquer à mes clients. Après quelques minutes, en réalisant sa présence et voyant sa vulnérabilité, j’ai cessé de vouloir casser tous les murs, cloisons… devant elle. J’ai réalisé que je la déstabilisais et je souhaitais la ménager.

Nous avons tous un attachement différent pour notre appartement, notre maison. Certaines personnes y voient un toit pour dormir et rien de plus. C’est ce qui me traverse l’esprit lors de mes promenades nocturnes et que j’aperçois en levant le nez l’éclairage blafard d’un néon de cuisine. Tristesse.

A l’inverse d’autres y voient un véritable havre de paix, un cocon dans lequel se réfugier. Ce qui ne veut pas dire que la décoration intérieure sera au goût de tous. Mais quoiqu’il en soit c’est une page qui se tourne.

Recevoir des étrangers pour des visites dans le but de vendre son bien est une chose, recevoir un professionnel tel que l’architecte d’intérieur avec un regard plus aiguisé ouvre la porte aux remarques sur les détails, les défauts que l’on ne voit plus lorsqu’on vit dans un lieu.

Il est parfois délicat de garder son enthousiasme pour tout nouveau projet tout en ménageant les sensibilités de chacun, et c’est là le délicat équilibre entre professionnalisme et humanité.

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