Cela fait plusieurs années que je constate en centre Bretagne, que j’affectionne tant, de plus en plus de maisons abandonnées et délaissées à leur triste sort. Ce constat n’est malheureusement pas propre à cette région mais bel et bien lié à la désertification de coins ruraux de France rendus moins attrayant coté professionnel, infrastructure entre autre.

Ce sujet m’affectionne tout particulièrement dans la mesure où dans chacune de ces régions délaissées existe le plus souvent un patrimoine architectural de caractère ayant traversé des générations. Des longères, des mas, des maisons à colombages… aux matériaux pleins de charme tels la pierre, le granit, l’ardoise, la lauze… sont en train de rendre progressivement l’âme au profit de constructions neuves tellement plus stéréotypées.

Pourquoi? Tout simplement parce que la rénovation reste le plus souvent aussi onéreux voir davantage que de construire du neuf sur un terrain à moindre frais avec un plan promoteur clé en main. Et ce même si le bien se vend une bouchée de pain.

Une réalité à laquelle s’ajoute une multitude de contraintes plus ou moins rébarbatives pour beaucoup de personnes lorsqu’il s’agit de rénover un cadre déjà bâti, tels que :

  • le plan d’aménagement moins libre, ne partant pas d’une page blanche
  • la remise en état de matériaux anciens souvent plus nobles et devenus plus chers en mise en œuvre du fait d’un savoir faire qui parfois se perd
  • la mise en place d’isolation, de nouveau système de chauffage, la remise en norme électrique devenus souvent obsolètes ou inexistants à l’origine (même si sur ce point la réflexion se pose également pour une construction neuve)

Tous ces éléments contribuent à donner le sentiment qu’une rénovation devient vite un gouffre financier alors même qu’il est tellement plus simple de partir de zéro avec des matériaux plus économiques qui semblent donner plus de confort. Un apriori parfois difficile à faire tomber.

Pourtant des organismes tel la Fondation du patrimoine aide à œuvrer à la sauvegarde et à la valorisation du patrimoine de proximité. L’état également propose une multitude d’aides pour la valorisation énergétique… Malgré tout, les lotissements continuent de fleurir en rase campagne au détriment de maison de caractères. Ceci participant également à vider les bourgs et centre ville.

Alors à cette question construire ou rénover en milieu rural je répondrai par une autre question : quand nous inquiéterons-nous de laisser la terre devenir un champ de ruines de constructions que l’on considère comme obsolètes, désuètes et que l’on préfère abandonner plutôt que de les démanteler ou de les rénover?

Pour aller plus loin encore sur ce sujet, je vous invite à lire cet article sur batiactu qui traite de la volonté du ministère de la ville et du logement de réduite la construction neuve en périphérie des villes et villages. Un débat passionnant et un juste équilibre à trouver!

Les pouvoirs publics « assument » la chute de la maison individuelle.

Photo maison traditionnelle bretonne  : Joelle Millet

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