L’interview du designer français Ora ïto par Philippe Vandel dans l’émission Tout et son contraire   a fait fortement réagir la présidente Catherine Jacquot de l’ordre des Architectes. En lisant son courrier de réponse mais également les commentaires, plusieurs points m’ont  » soulevé  le cœur « .

Des compétences complémentaires dans un milieu créatif

Finalement dans le milieu artistique, il n’est pas rare que les compétences créatives soient utilisées de manière pluridisciplinaire. J’entends par là que je ne suis pas choquée de voir un architecte, un architecte d’intérieurun designer… se mêler de l’esthétisme et de l’image véhiculée par un projet dans sa globalité. C’est d’ailleurs ce qui fait la différence entre chaque professionnel. Etant enseignante, je le constate régulièrement, les capacités créatives ne sont pas les mêmes chez chacun. Certaines personnes sont capables de voir un projet dans son moindre détail et souhaitent avoir un droit de regard sur la démarche complète pour maîtriser la résultante. Cela ne signifie pas que des professionnels de chaque secteur d’activité n’interviennent pas, tout dépend de la constitution de l’équipe, du budget alloué… Pour ma part je ne vous cache pas que mon équipe idéale serait constituée d’un architecte, d’un designer, d’un graphiste, d’un éclairagiste et d’un super commercial !!! Un jour peut-être…

L’élégance de citer ses partenaires

Maintenant, il est courant via les médias ( et de l’Ego de chacun), de voir des projets (hôtel, restaurant, musée, conservatoire…) présenté comme « la réalisation de Mr ou Mme X » alors que ne l’oublions pas c’est la majorité du temps le résultat d’un travail d’équipe. Sur des projets de grande ampleur et même si les grandes lignes directives sont parfois dessinées par Mr ou Mme X, ils n’en demeurent pas moins développés et peaufinés dans le moindre détail par des hommes et des femmes qui eux restent dans l’ombre. Pour ma part, je pense qu’il serait juste de rendre à César ce qui appartient à César et de distribuer un peu de succès à ces hommes et femmes qui méritent bien également un peu de reconnaissance de la part du grand public, des institutions… Je rejoins ici un des commentaires de Jeremy Morin, qui parle de « l’élégance de citer ses partenaires ».

De la valeur et du poids donnés aux diplômes en France

Un autre point important également est la valeur de la formation. Même si les études sont longues pour devenir architecte, cela l’est également pour devenir architecte d’intérieur et bien d’autres formations encore. Pour cette raison, en quoi l’architecte serait-il si supérieur à l’architecte d’intérieur pour penser les espaces intérieurs? Mais le diplôme est-il la seule valeur à laquelle il faut se référer ? Je ne le crois pas. Certains sont autodidactes et font aussi bien si ce n’est mieux que des professionnels de longue date. Et puis n’oublions pas notre côté Franco-français qui s’accroche tant aux écoles pour vous donner votre chance sans forcement prendre en compte les qualités humaine, de créativité, d’adaptation…

Mais en lisant les commentaires de l’article, j’ai décelé une forme d’arrogance envers les architecte d’intérieur, les designers… ce que je trouve bien dommage car il semble que la guerre subsiste entre certains métiers, notamment chez ceux qui prétendent réduire les compétences des autres à « une petite cuillère » selon le commentaire de Elodie Cottrell Architecte Desa de son état.

Mais restons positif : à chacun ses mauvais jours et peut-être en était ce un pour notre cher Monsieur Ora-ïto, qui sait?