Avez-vous lu cet article paru dans Marie-Claire Maison à propos du livre « Les heures claires de la Villa Savoye » écrit par l’éditeur parisien Jean-Marc Savoye ? Il y raconte l’histoire de la fameuse maison construite par Le Corbusier à Poissy pour ses grands-parents.

C’est l’occasion de quelques révélations cocasses, comme par exemple quand le beau-père du fils unique de la famille Savoye qui écrit « Ma chérie, je te plains d’entrer dans une famille qui a fait construire une maison pareille ! » Mal insonorisée, la Villa Savoye n’est pas plus étanche : il pleut dans le garage. Quant au chauffage, c’est gla-gla.

Interieur Villa Savoye

Dernièrement j’entendais mon beau-frère me raconter sa visite de La Philarmonie de Jean Nouvel me contant avec son œil d’expert les finitions douteuses sans compter bien sur le budget faramineux alloué à un tel projet.

la Philharmonie de Paris par Jean Nouvel

De mon côté, j’en étais finalement arrivée à la même conclusion que lui mais pour la Maison de la Radio qui me laissait pantoise face à tant d’imprécision dans les détails, l’acoustique inexistant pour une pièce d’atelier musique (cherchez l’erreur ), les dimensionnements de siège incohérents dans une des anciennes salle de représentation (sauf si vous voulez que votre voisin de devant ait sa tête entre vos genoux…). Même l’architecte venu écouter une représentation lors de l’inauguration fut contraint de se mettre en biais!

Maison de la radio 2015

C’est pour moi une grande déception d’entrer dans certains lieux encensés par la presse (aussi bien dans le privé que le public) alors que ce qui est donné à montrer n’est tout simplement pas à l’image de ce que l’on se doit de fournir en tant que professionnel. Je suis étonnée d’échanger régulièrement sur le sujet de la finition et de constater que petit à petit on perd la qualité exigible parce qu’on ne sait plus faire la différence entre un travail de bricoleur (et j’ajoute qu’ils y en a de très bons même meilleurs que certains soit disant professionnels) et d’entreprise professionnelle.

Pour palier aux malfaçons, il n’y a pas de miracles en soit. Mais un bon professionnel se révèle dans le suivi de chantier et « l’importance d’être constant » ! Eviter toutes malfaçons est difficile d’autant plus selon l’ampleur du chantier et les moyens qui y sont donnés. Par ailleurs, si les entreprises sous-traitent, il suffit d’un vilain petit canard pour « anéantir » tout le travail de l’ouvrier professionnel qui travaille à côté, ce qui est décourageant pour tout le monde. Le seul moyen est d’être attentif et de percevoir au plus vite celui qui n’a pas les compétences. Mais pas si facile !

En un mot la perfection n’est pas de ce monde et c’est une perfectionniste qui vous le dit! Il y a des compromis à faire avec les entreprises, le client et soi-même en tant que professionnel. Mais il est important de ne rien lâcher, de se battre et d’en avoir pour son argent et pour le résultat attendu en fonction du prix négocié.

Tout le monde fait des erreurs, et c’est humain, mais il est vrai que je m’attends toujours à être en admiration devant les grands noms dont on ne cesse de faire l’éloge, à être subjuguée par les finitions, le souci du détail et c’est parfois ce qui se passe devant de véritables chef d’œuvre d’architecture. Mais pas toujours …

Et vous? Avez vous déjà été déçu par des monuments, des constructions, des œuvres?